Événements, Région Ile-de-France

L’achat innovant : un partenariat gagnant entre l’entreprise et l’acheteur public

« L’innovation, c’est ce qui distingue un leader d’un suiveur » disait Steve Jobs.

Le 26 juin, j’ai eu le plaisir d’ouvrir le 1er Forum de l’achat public innovant de la Région Ile-de-France. Et bien, en toute modestie, la Région veut être aujourd’hui un leader.

  • Leader en « catalysant » l’innovation et ses entreprises, c’est-à-dire concrètement, en mettant en relation les acheteurs et les entreprises du territoire.
  • Leader en fédérant tous les acteurs de l’achat public.

Nous investissons déjà massivement dans l’innovation par des dispositifs d’aides aux entrepreneurs, avec notre gamme «’UP » et par des appels à projets auxquels nous consacrons 50 M€ par an. Et d’autre part, la Région dépense déjà près de 1 milliard € par an en achats.

Notre objectif aujourd’hui, c’est d’améliorer encore une fois nos pratiques.

Je conçois notre politique « achat » comme un outil au service des politiques régionales mais aussi et peut-être davantage comme un facteur d’attractivité et de levier économique.

J’ai souhaité qu’elle se construise autour de trois axes :

  • La Rationalisation : pour que la Région sache s’adapter dans un monde qui évolue vite, grâce notamment aux nouvelles technologies. Il faut que les institutions puissent aller aussi vite que le monde dans lequel nous évoluons.
  • La Mutualisation : pour investir plus et mieux grâce la création d’un service achat dédié
  • L’Évaluation : pour faire des choix pertinents et adapter nos politiques publiques aux besoins des franciliens.

L’argent se faisant rare à tous les niveaux,  il y a des politiques qui fonctionnent et qu’il faut poursuivre, il y a des politiques qu’il faut réorienter et il y a des politiques qui ne fonctionnent pas  et qu’il faut savoir arrêter : C’est le rôle de l’évaluation !

Évaluation qui doit se faire sur des critères financiers mais pas uniquement !

C’est pourquoi notre politique Achat à la Région, c’est bien plus qu’un plan d’économies de 100 M€ en 5 ans, c’est une nouvelle volonté d’investir :

  • En territorialisant nos achats avec près de 90 % de nos achats réalisés en Ile de France
  • En renforçant l’accès des TPE et PME franciliennes aux marchés publics : En 2017, 73 % de nos fournisseurs étaient des petites et moyennes entreprises. C’est une progression de 13 % par rapport à 2016.
  • C’est une volonté de maitriser notre impact environnemental en assurant la transition vers un business durable
  • En poursuivant notre soutien à l’économie sociale et solidaire.

J’ai d’ailleurs récemment signé le Charte des  Relations fournisseurs et Achats Responsables. Avec cette charte, nous nous sommes engagés à bâtir une nouvelle relation avec nos fournisseurs, basée sur la confiance, la mise en perspective des investissements et la recherche d’innovation.

Améliorer nos pratiques, c’est aussi créer un laboratoire d’idées et d’échanges autour de l’innovation. Nous y participons avec les « mardi de la Smart Région » qui ont déjà réuni des acheteurs et des entreprises autour de l’innovation pédagogique, et à la rentrée, nous réfléchirons, autour de la « Civitech », sur l’innovation dans la sécurité et la mobilité.

Cependant, vous le savez comme moi, les solutions d’hier ne sont plus adaptées au monde de demain.

Les possibilités offertes  par le numérique, l’essor de l’intelligence artificielle, la reproduction 3D sont innombrables. Elles  vont transformer durablement notre manière même d’habiter les territoires, de construire et de travailler.

Notre ambition est donc de placer l’innovation au cœur de notre action régionale et devenir la première Smart Région d’Europe.

Nous voulons donc mettre à disposition des habitants et des entreprises d’île de France :

  • Du très haut débit partout d’ici fin 2021, notamment en grande couronne.
  • Des technologies issues de la révolution digitale : intelligence artificielle, big data, internet des objets etc.
  • Une plateforme de données 3D qui permettra le développement de nouveaux services intelligents, géolocalisés, personnalisés pour la mobilité, pour rapprocher la demande et l’offre d’emplois, pour l’environnement, l’accessibilité, la culture.

Prenons l’exemple du e-commerce dans les villages TaoBao qui résonne comme une promesse de développement et d’amélioration de la qualité de vie pour la Chine rurale.

J’étais, il y a peu,  avec le parton de Dassault qui m’expliquait qu’avec l’imprimante 3D, de nouvelles opportunités se présenteraient à nouveau et on verrait une ré-industrialisation progressive de notre territoire.

Ces nouvelles technologies changent nos modes de travail et de vie.

C’est tout l’objectif et le sens de cette journée : Mettre en relation l’ensemble des acteurs, pour créer une dynamique durable autour de l’innovation.

3 thèmes ont été retenus pour cette journée, 3 thématiques liés à des besoins concrets :

  • « Bâtiment & Énergie » pour répondre à la question que nous nous posons tous : « comment maîtriser nos coûts et construire durablement ? » Alors que nous avons lancé un PPI de 5 milliards € pour les lycées, alors que nous allons avoir besoin 20 000 places dans les 10 prochaines années, c’est pour nous un sujet de première importance
  • La table ronde « Technologies de l’Éducation – baptisées Ed’Tech »  veut proposer une réflexion sur l’enseignement du futur. Quelles nouvelles technologies pourrons-nous mettre en œuvre pour préparer les  générations futures aux réalités du monde de demain ?

Les 2/3 des métiers d’aujourd’hui auront disparu dans le monde de demain, nous avons la responsabilité de préparer notre jeunesse à ces changements radicaux parce que demain la capacité à acquérir un savoir vaudra plus que le savoir déjà acquis.

  • « Santé & maintien à domicile », ce troisième et dernier thème  vous invitera à réfléchir à l’augmentation de l’espérance de vie, des déserts médicaux qui touchent aussi particulièrement l’Ile-de-France. Quelles solutions innovantes pourrons-nous offrir pour répondre à ces enjeux  sociétaux ?

Voilà de quelle manière la Région peut confirmer son rôle de leader pour réfléchir ensemble, entrepreneurs  et acheteurs publics, à la manière dont nous voulons dessiner le monde de demain.

Je suis persuadé que l’argent ne suffit pas pour innover. Ce sont les personnes, les idées, et la manière de les articuler qui font la différence.

Je souhaite qu’avec ce 1er Forum des achats innovants, nous puissions avoir une réflexion sur le monde de demain afin d’adapter nos politiques publiques car ce qui est le plus important c’est que l’économie servent au plus grand nombre.  

Nombre de pays ont déjà fait de l’innovation une priorité,  c’est le virage que doit prendre la France et aussi l’Europe.

À la une, Événements

Colloque de l’AMIF sur les Finances publiques

 

Le lien fiscal est un des éléments essentiels à la libre administration des collectivités.

 

 

A l’invitation de mon collègue Stéphane Beaudet, Président de l’AMIF, j’ai eu le plaisir d’intervenir le 11 juin dernier, sur les finances publiques et le rôle du Conseil Régional en matière de fiscalité solidaire.

La refonte de la fiscalité locale amorcée par le Président de la République et le Gouvernement a engagé les collectivités territoriales, et tout particulièrement les communes dans un profond changement de leur gestion financière.

Dans un contexte de baisse des dotations de l’État et face à la future suppression de la taxe d’habitation, la fiscalité locale, est en pleine mutation et suscite de nombreuses inquiétudes parmi les maires en attente de mesures de compensation.

Présentée comme la première étape vers une nouvelle fiscalité locale, la contractualisation entre l’État et les Collectivités fixe un plafond de progression des dépenses de fonctionnement autour de 1,19 %, pour la Région Île-de-France. En l’absence de respect de la norme imposée par l’État, ce dernier pourra retirer ad æternam des recettes de la Région le montant correspondant à l’éventuel surcroît de dépenses par rapport à la norme fixée.

L’État nous demande de participer à l’effort de redressement des comptes publics mais cette participation doit être équilibrée. Et il faut que nous y prenions tous part, l’État compris !

Cette norme imposée comme une épée de Damoclès au-dessus des collectivités pose la question essentielle de notre autonomie fiscale et de notre libre administration.

 Nous ne pouvons ni ne devons faire marche arrière en matière de décentralisation. Bien au contraire ! Je crois que nous devons donner encore  plus de responsabilités aux élus.

Sur 4,2 milliards d’euros de recettes, la Région a une capacité d’intervention sur seulement 350 M€ ! C’est bien trop peu…

Qui dit autonomie fiscale, dit responsabilité et maintien du lien entre élus et citoyens.

Nous devons faire attention à ne pas éloigner le citoyen de l’élu car le pouvoir de proximité des élus est celui d’avoir accès à des ressources locales afin de mettre en œuvre le projet politique pour lequel il a été élu.

Les citoyens peuvent ainsi  voir concrètement ce qui est fait avec leur argent ! Alors que la logique imposée par l’État est tout autre et risque de couper ce lien fiscal essentiel entre élus et citoyens.

Mal définie, la fiscalité solidaire est souvent perçue comme un mécanisme de l’économie sociale et solidaire mais elle relève davantage de la péréquation entre les collectivités.

Et de la  péréquation, il en faut ! Nous le savons bien en Île-de-France où  les disparités territoriales, sociales et économiques sont fortes.

Aussi arrêtons d’opposer les territoires ! On en crève !  La garantie républicaine fait que où que vous soyez sur le territoire, la république doit vous apporter les mêmes chances de réussite. L’État doit jouer son rôle en matière fiscale pour équilibrer les territoires.

Au fil des réformes fiscales, les fonds de péréquation se sont démultipliés. On en compte plus de 16 avec chacun ses propres règles et ses propres mécanismes où seuls quelques experts s’y retrouvent….

Même si la question des péréquations est un des sujets les plus débattus, il est aussi l’un de ceux où se fait le plus sentir le manque d’évaluation du système et des nombreux dispositifs qui le composent.

Je suis convaincu que l’évaluation de l’efficacité des mesures que nous mettons en place nous permettra de changer de paradigme.

Alors pour conclure, oui à la fiscalité solidaire ! Or la péréquation ne peut s’entendre sans une réelle autonomie fiscale des collectivités, et pour cela nous devons savoir évaluer nos politiques et maintenir le lien fiscal essentiel entre les citoyens et les élus.

À la une, Région Ile-de-France

Compte administratif 2017 : Une région vertueuse !

Il nous faut apprendre à faire mieux avec moins ! …

…. pour que notre dette ne constitue par un fardeau pour les générations futures

Le 31 mai dernier, les élus régionaux étaient à nouveau réunis en séance plénière pour notre  rendez-vous budgétaire habituel au cours duquel je leur présentais le compte administratif 2017 et le budget supplémentaire 2018.

Si 2016 a été une année de rupture avec la précédente gestion ➤ 2017 aura été un budget de concrétisation de nos engagements.

Avec un emprunt stabilisé à 530 M€, nous avons ainsi confirmé notre capacité à redresser durablement nos finances tout en donnant la priorité aux investissements clés pour les franciliens,  et ce malgré des ressources contraintes.

Une nouvelle fois encore nos ressources et particulièrement les dotations de l’Etat se réduisent. Et au risque de me répéter,  nous ne pourrons continuer ainsi à supporter les charges grandissantes de la décentralisation sans engager rapidement une réforme de nos finances régionales.

Celle-ci devra s’articuler autour de recettes plus dynamiques et plus cohérentes avec nos nouvelles compétences, d’une refonte du système de péréquation mais  aussi d’une contractualisation qui se voudra équilibrée et respectueuse de notre autonomie.

L’Etat nous impose de faire des économies qu’il ne fait pas lui-même ! Je resterais vigilant à ce que la norme imposée par l’Etat n’obère pas notre capacité d’investir pour votre avenir.

C’est dans ce contexte de réduction des dotations régionales que j’ai appuyé dès 2016 notre démarche de  mutualisation des achats publics.

L’objectif que nous nous sommes collectivement fixé est de réaliser 100 M€ d’économies en 5 ans. Cette nouvelle manière de gérer nos achats, va nous permettre de retrouver des marges de manœuvre,  en trouvant les meilleures entreprises et les meilleures solutions possibles au bénéfice des Franciliens. Nous nous sommes engagés à travailler autrement avec les territoires et faire de nos 1 Mds € d’achats un facteur d’attractivité et de développement économique et social.

Et cette performance économique se voit déjà puisque nous venons de réaliser 14 M€ d’économies en 2017 et que 25 M€ de plus sont prévus en 2018.

En signant la Charte des Achats responsables, je me suis engagé à ce que de nouveaux rapports, plus durables et plus équilibrés, s’instaurent avec nos fournisseurs. Et en 2017, je peux déjà vous présenter un bon bilan avec +33 % d’heures d’insertion supplémentaires par rapport à 2015 et certifier que 73 % de nos fournisseurs sont des TPE/ PME.

Le résultat de cette bonne gestion m’a permis de présenter aux conseillers régionaux des dépenses régionales de fonctionnement en baissent de 1,4 % tandis que nous augmentions nos investissements de 2,2%.

Nos ratios sont d’ailleurs tous repassés au vert, avec une encours de la dette stable à +0,2 %, une capacité de désendettement qui est passée en deux années de 7,2  à 5,5 ans et un taux d’autofinancement de 70,9 % très largement supérieur à ce qui se faisait les dernières années.

Tous nos ratios démontrent que notre Région devient vertueuse et les agences de notations ne s’y sont pas trompées puisqu’elles ont unanimement relevé notre note AAA perspective stable qui est au meilleur niveau possible.

Mais de bons ratios financiers ne suffisent pas à faire une bonne politique, nous avons aussi un grand besoin d’évaluer nos politiques publiques. Il faut savoir évaluer, contrôler et réorienter si nécessaire nos dispositifs, et ce, dans l’intérêt des franciliens.

Ma volonté politique, vous le savez déjà, est de m’assurer que nous proposerons aux Franciliens des dispositifs efficaces et utiles et nous les évaluerons avant de les pérenniser. Cohérence, efficience, contrôle et réorientation si nécessaire de nos politiques. Nous ne pouvons plus nous permettre de dépenser sans évaluer !

C’est pourquoi la Région va, sous ma responsabilité, se doter en interne d’un nouveau service indépendant qui sera en charge du pilotage des évaluations de nos politiques publiques régionales.

Faire mieux avec moins, c’est là tout l’engagement et l’enjeu de ma délégation.

 

Région Ile-de-France

Commission permanente du 30 Mai 2018 : C’est voté !

Réunis en commission permanente le 30 mai dernier, nous avons examiné 75 rapports et attribué 583 M€ de subventions. Retour sur nos principales décisions et nos actions fortes et ciblées pour améliorer la qualité de vie des franciliens.

Pour améliorer les transports en Île-de-France :

165 M€ votés dont 75 M€ pour financer le prolongement de la ligne 11 du métro parisien.

Parce que notre objectif est de faciliter le Sport pour tous, nous avons aidé 16 projets d’équipements sportifs :

1 M€ d’investissement dont le réaménagement et la remise aux normes du centre équestre à Neuilly-sur-Marne (93).

Dès 2016, nous nous sommes dotés d’une stratégie pour la croissance l’emploi et l’innovation #Leader afin de faire de l’Ile-de-France une des régions les plus dynamiques et attractives au monde.

Nous retrouvons cette ambition dans l’attribution de nos aides en faveur des entreprises :

  • 500 000 € pour soutenir l’ESS
  • 5,33 M€ ont été attribué pour aider plus 50 TPE / PME à se développer et ainsi créer de l’emploi
  • 1,45 M€ est voté pour soutenir les pôles de compétitivité
  • 0,9 M€ attribué pour créer 8 tiers-lieux en grande couronne

Rééquilibrer les territoires franciliens et préserver notre environnement est au cœur de notre engagement pour une région plus verte, plus propre favorisant aussi un urbanisme durable.

  1,2 M€ ont ainsi été attribué pour soutenir les initiatives de l’Économie circulaire favorisant le recyclage et le réemploi.

Parce qu’un Francilien sur 6 habite en zone rurale et qu’ils ont trop longtemps été oubliés dans les politiques régionales précédentes, nous intensifions notre action en leur faveur, nous avons voté 2,8 M€ pour la signature de 19 nouveaux contrats ruraux et près de 625.000 € pour 12 projets de sauvegarde des commerces de proximité.

➥ Lors du budget supplémentaire voté en Juin, le Conseil régional a attribué des moyens supplémentaires pour financer plus de CAR.

Afin d’accompagner les collectivités dans leurs projets d’investissement, nous développons activement les contrats d’aménagement régionaux « CAR » qui remportent un très large succès :

5,6 M€ ont été votés pour la signature de 6 nouveaux contrats

 Lycées :

Créer de bonnes conditions pour favoriser les études est un enjeu d’avenir pour les générations futures :

  • 184 M€ votés à la rénovation et aux aides des lycées dont près de 33 M€ pour développer le Bio dans les cantines.
  • 1,8 M€ votés pour la sécurisation de 68 lycées franciliens.
  • Nous mobilisons également 1,7 M€ pour les études préalables à la construction d’un nouveau bâtiment de l’Université Paris Est Marne-la-Vallée.

Convaincu que la culture participe à la vitalité et à la prospérité d’une société, la Région a augmenté son budget de 12 % entre 2015 et 2017, avec l’objectif de la rendre accessible à tous les Franciliens :

Soutien aux jeunes artistes, à la création cinématographique et audiovisuelle, politique du livre… nous investissons massivement et avons voté près de 14 M€ d’aides.

Enfin, la Région soutient les communes touchées par les inondations de l’hiver 2018  et vote 910.000 € d’aides.

Editos, Presse

Mobilisons notre épargne pour nos entreprises !

Publiée dans l’Opinion le 23 mai dernier, retrouvez ci-dessous la Tribune que j’ai cosigné avec Arnaud Bruillon, président de AB Holding Compagny groupe Finsbury sur l’épargne et le financement des entreprises.

Ceux qui ont la capacité d’épargner, et même modestement, grâce aux livrets et plans d’épargne, les assurances-vie, ou divers produits plus spécifiques le font pour tant de raison : pour anticiper d’éventuels lendemains plus rudes, pour ses enfants, ou s’assurer une retraite plus clémente. Mais cette épargne peut aussi utilement faire grandir nos entreprises, et en premier lieu celles qui font vivre nos territoires, contribuent à l’emploi, à la fierté de tant de familles. Pourtant, aucune entreprise créée depuis 1975 n’a pu se hisser parmi les 40 principales entreprises en France. A l’inverse, un tiers des 40 principales entreprises américaines a moins de 40 ans. Ce point marque la faiblesse de notre tissu intermédiaire, l’équivalent de la classe moyenne pour les entreprises. Une fois encore, la France n’arrive pas à défendre ce niveau médian, pourtant indispensable à la croissance du pays. Réjouissons-nous pour autant des si belles pépites française que sont Caddie, Le Paysan Breton, Leboncoin, Michel et Augustin, etc. Valorisons-les, donnons-leur les moyens de se développer, irriguons-les avec notre épargne !

Le paradoxe est connu : la France dispose d’une épargne de 2 000 Mds€ avec pourtant un nombre d’ETI préoccupant, alors qu’elles sont trois fois plus nombreuses en Italie, Allemagne ou au Royaume Uni. Le taux de survie à deux ans de nos PME est plus faible qu’outre-manche, qui compte cinq fois plus de business angels et trois fois plus de sociétés capables de lever plus de 100 M€.

En parallèle, la détention directe d’actions est en France la forme d’épargne la plus taxée avec un taux de prélèvement sur les particuliers allant jusqu’à 58% alors que les placements moins risqués sont exonérés d’impôt sur le revenu ou ont une fiscalité réduite de 7,5% à 8ans. Cette situation est particulièrement préjudiciable au développement de nos PME car elle génère une perte de confiance chez l’épargnant et le décourage d’investir sur le long terme.

Les conséquences sont multiples, notamment en termes de positionnement de l’économie sur les secteurs porteurs. L’enjeu n’est pas de décréter les entreprises ou les secteurs qu’il faudrait accompagner, mais de produire de la richesse collective avec un fort effet de levier sur l’emploi.

En effet, les actifs institutionnels sont majoritairement investis en dette obligataire ; or cette logique est devenue inadaptée aux besoins des entreprises, qui ont aujourd’hui, plus que jamais, autant besoin d’air que de fonds propres. Or, le ticket moyen du financement privé en capital est de 6,7 M€ en France, contre 149 M€ au Royaume Uni. On connait le phénomène des « licornes » qui n’hésitent plus à aller se faire coter aux Etats-Unis où l’écosystème d’investisseurs est dynamique et qualitatif. Rien d’étonnant non plus à ce que le taux de transmission des entreprises est de 14% en France, contre 51% en Allemagne et 70% en Italie…Difficile de montrer de manière plus concrète l’absence d’investisseurs tricolores actifs dans le développement de nouveaux champions français !

Au-delà de la question fiscale et de la nécessaire valorisation de la prise de risque, regardons la réalité en face : la France a besoin d’un dispositif pour mobiliser l’épargne des français de manière directe dans les fonds propres des entreprises à potentiel. C’est un enjeu de souveraineté. Il ne s’agit pas de créer un énième guichet pour sauver les entreprises qui ont perdu l’appui de leur banquier, mais plutôt d’établir en France un nouveau type d’acteurs inspiré en partie des fonds de pension et des fonds souverains, dont l’objectif est d’investir massivement et d’accompagner la gouvernance, de manière bienveillante, sur le long terme et qualitative les dossiers les plus porteurs de l’entreprenariat français avec des fonds à la fois privés et publics.

L’esprit d’un Fonds Investisseurs Entrepreneurs France qui investirait à long terme dans des entreprises de croissance françaises cotées de taille moyenne, à travers des prises de participations minoritaires significatives de 20% à 40%, serait le meilleur outil d’accompagnement des PME et ETI de croissance. L’esprit est d’investir durablement les économies des petits porteurs pour en sortir de la rente à long terme. Stratégique pour soutenir et renforcer durablement l’économie nationale. Un Fonds alors stratégique pour accompagner de manière déterminante les changements liés à la mue, à la digitalisation de l’économie, à l’adaptation des nouveaux processus industriels, au besoin d’internationalisation et de renforcement du capital marque et de relation client des PME.

Nous parlons ici d’une notion économique qui manque à ce pays : le rôle patriotique de l’épargne. Nous ne le redirons jamais assez, mais c’est un acte citoyen fort que d’aligner les intérêts de la nation avec ceux du contribuable autour de projets de croissance durable, ceux de nos PME.

À la une, Région Ile-de-France

Rendez-vous budgétaire devant le CESER

 

J’ai été, à nouveau, très heureux de me retrouver devant l’assemblée renouvelée du CESER pour notre rendez-vous budgétaire habituel.

Je tiens à féliciter les nouveaux membres pour leur engagement citoyen au sein de cette assemblée et suis convaincu de la richesse du dialogue, toujours éclairé et constructif, que nous avons eu et continuerons d’avoir  au fil de nos échanges.

Ce fut une nouvelle fois l’occasion de saluer les liens étroits qui unissent nos deux assemblées. En effet, grâce à ses compétences, ses personnalités qui la compose et la qualité de ses travaux, le CESER est un acteur majeur de la politique régionale.

Il est clair que le regard de ces organisations issues de la société civile apporte un éclairage qui n’est pas celui que l’on retrouve dans une majorité d’élus.

La présentation du compte administratif 2017 et du budget supplémentaire 2018 a été l’occasion de leur rendre compte, chiffres à l’appui, du respect de nos engagements : Nous avons su poursuivre nos efforts de rationalisation de nos dépenses de fonctionnement afin de maintenir un niveau élevé d’investissements sans pour autant accroitre notre dette, et ce malgré des ressources en baisse.

Mais de bons ratios financiers ne suffisent pas à faire une bonne politique, nous avons aussi besoin d’évaluer nos politiques publiques. Il faut savoir évaluer, contrôler et réorienter si nécessaire les dispositifs dans l’intérêt des franciliens et c’est là tout l’engagement et l’enjeu de ma délégation.

À la une

Conférence Nationale des Territoires à Matignon

Jeudi 17 Mai dernier, j’étais à Matignon en présence du Premier Ministre, Édouard Philippe, pour la présentation des orientations de la mission Richard-Bur sur la refonte de la fiscalité locale.

Les discussions sur la future réforme fiscale s’annoncent serrées tant les solutions envisagées sont actuellement vécues comme un recul de l’autonomie fiscale de nos collectivités.

Cette refonte fiscale est pourtant  le pendant de la démarche engagée en décembre dernier par la contractualisation sur la maîtrise des dépenses de fonctionnement.

Comme vous le savez, l’Etat nous a imposé une logique de « contractualisation » financière visant à limiter la progression des dépenses réelles de fonctionnement. En l’absence de respect de la norme imposée, il pourra retirer à tout jamais sur les recettes de la Région le montant correspondant à l’éventuel surcroît de dépenses par rapport à la norme fixée.

L’Etat nous demande de participer à l’effort de redressement des comptes publics mais cette participation doit être équilibrée. Et il faut que nous y prenions tous part, l’Etat compris !

Depuis ma prise de fonction, c’est ce que je promeus très activement, puisque sous ma vice-présidence, les dépenses régionales de fonctionnement ont encore diminué en 2017 de 7 % et les investissements augmenté de 19 %.

Et ceci dans un contexte de baisse globale de nos recettes de près de 1 %. Une maîtrise budgétaire qui est d’ailleurs largement saluée par les agences de notation.

Lors de cette réunion interministérielle,  j’ai donc rappelé que la Région Île-de-France était une collectivité d’investissements et qu’il ne faudrait pas qu’un mouvement de refonte et de simplification diminue d’autant nos ressources et obère ainsi notre capacité à investir dans les infrastructures et les secteurs clés pour les Franciliens comme les transports, les lycées, l’apprentissage et le développement économique de l’Île-de-France.

Presse, Région Ile-de-France

La mutualisation des achats publics, source d’économies et de performance

 

Le 27 mars j’ai eu le plaisir de présenter, avec ma collègue Sylvie Monchecourt, Déléguée spéciale aux achats responsables, la nouvelle politique « Achats » de la Région, au directeur de la publication et au rédacteur en chef de la « Lettre des Achats », un des leaders de la presse spécialisée en achats stratégiques.

Dans un contexte de réduction des dotations régionales, la mutualisation des achats publics est un outil essentiel à la performance économique et à la rationalisation des dépenses.

Nous avons ainsi créé en 2016 une direction des Achats, de la Performance et de la commande publique avec pour objectif de réaliser 100 millions d’euros d’économies en 5 ans.

Dans cette perspective, je conçois notre politique « achat » comme un outil au service des politiques régionales et j’ai souhaité qu’elle se construise autour de trois axes :

  •  Rationaliser pour que la Région sache s’adapter dans un monde qui évolue vite, grâce aux nouvelles technologies avec des outils modernes vers une Région  100% Numérique (ex : Intégration de nouveaux fournisseurs pour développer la « smart région »),
  •  Mutualiser  pour investir plus et mieux grâce à la mise en place d’une centrale d’achats avec pour objectifs de gagner en efficience en réduisant le nombre de marché, optimiser nos ressources et massifier certaines familles d’achats, 
  •  Évaluer pour faire des choix pertinents et adapter nos politiques publiques aux besoins des franciliens.

Nous avons déjà démultiplié notre capacité d’investissement en réalisant plus de 15 M€ d’économies en 2017 et 25 M€ sont encore prévus pour 2018.

Au-delà des économies à réaliser, le Région Île-de-France veut construire une nouvelle relation avec ses fournisseurs, notamment avec les TPE et les PME, basée sur la confiance, la mise en perspective des investissements et la recherche d’innovation.

La signature de la Charte « Relations fournisseurs responsables » marque une étape supplémentaire dans notre politique d’achats. L’ambition que je porte est que l’Île-de-France soit « la première Région labellisée  RFAR en 2020 ».

Cet engagement est un gage de modernité, de compétitivité et de responsabilité que nous devons aux franciliens.

À la une, Région Ile-de-France

Commission permanente du 16 mars 2018 : C’est voté !

Le travail de la Région au service des Franciliens continue avec le vote en Commission Permanente de Mars de près de 360 millions d’euros de subventions.

Nos affectations se sont principalement concentrées sur les secteurs suivants :

# Transports et Mobilités 

  • 6,2 M€ pour financer les services spécialisés dans le déplacement des personnes à mobilité réduite

  • 10,8 M€ pour développer l’usage du vélo en Île-de-France

  • 22,8 M€ pour notre plan « anti-bouchon »

  • 27 M€ pour le réseau routier francilien : contournement Est de Roissy,amélioration acoustique RN118,
  • dont 5,6M€ pour l’ élargissement A4-RN4

  • 27,8 M€ pour rénover les lignes L2, N, P, R  du Transilien et les lignes B et D du RER

  • 10,2 M€ votés pour l’aménagement des gares de Juvisy-sur-Orge, Poissy et Rosa-Parks

# Lycées 

  • 12,7 M€ pour rénover les lycées et les équiper en matériel pédagogique et continuer de déployer le haut débit

  • La Région investit dans les lycées 100 % numérique et élargit son expérimentation au lycée des métiers François Rabelais de Dugny avec une subvention de 30 000€
  • 70,9 M€ pour la restructuration et la construction des lycées franciliens :

pour la restructuration partielle du lycée A. Costes à Bobigny

pour le nouveau Lycée International de Noisy-le-Grand

  • 2,8 M€ votés pour une meilleure sécurisation des lycées franciliens

# Formation professionnelle, Apprentissage et Emploi

  • 43,2 M€ votés dont 23 M€ pour le versement des primes régionales et des aides au recrutement aux employeurs d’apprentis, 3,4 M€ pour  l’accompagnement de la politique d’apprentissage et 15 M€ pour la mise en œuvre du Programme d’investissement Compétences

# Enseignement Supérieur

  • 40 M€ pour la construction d’un bâtiment de recherche sur le Campus Condorcet à Aubervilliers et d’une bibliothèque de documentation internationale et contemporaine à Nanterre ainsi que la  réalisation de la Maison des étudiants à Sénart.

# Développement Durable

  • 23,4 M€ votés pour financer des opérations de 24 nouveaux Contrats d’Aménagement Régionaux

  • Près de 6 M€ pour développer de nouveaux quartiers innovants et écologiques

# Culture

  • 5,4 M€ qui vont permettre de soutenir la politique régionale en faveur du cinéma et de l’audiovisuel, la permanence artistique et culturelle, les festivals et manifestations de spectacle vivant et aussi le livre et les aides aux réseaux d’arts plastiques, numériques et urbains.

#Logement

  • 1,23 M€ ont été votés  pour des travaux de réhabilitation et d’ingénierie dans 4 117 logements privés à Courcouronnes (91) ; Sevran, Clichy-sous-Bois, Épinay-sur-Seine (93) ; Argenteuil, Garges-lès-Gonesse et Villiers-le-Bel (95).
  • La Région mobilise 1,9 M€ pour 8 programmes de logement dans le cadre de son partenariat avec la Fondation Abbé Pierre

# Sport et Loisirs

  • 10 M€  pour prendre en charge 10% du financement de l’organisation des Jeux Paralympiques 2024

  • Accès aux loisirs pour tous : 760 000 € pour les tickets-loisirs qui donnent accès à des journées ou des séjours sur les îles de loisirs pour les franciliens les plus modestes

  • 330 341 € pour financer 8 projets d’équipements sportifs dont 54 400 € pour la Seine-Saint-Denis, au Blanc-Mesnil et à Bagnolet

# Aides aux entreprises

  • 711 494 € en faveur de 18 projets pour la sauvegarde des commerces de proximité en zone rurale

  • La Région soutient les entrepreneurs en votant 3,3 M€ pour financer 36 TPE et PME dans le cadre des dispositifs TP’up et PM’up

# Solidarité

  • Plan grand froid : la Région a mis à disposition des sans-domicile fixe des locaux à Paris. Elle a également débloqué 150 054€ en urgence pour soutenir les associations qui aident les plus démunis.

  • 75 913€ votés pour la création d’un service de jour destiné aux familles monoparentales à Montigny-le-Bretonneux

 

  • 810 000 € votés pour la création et l’équipement de maisons et centres de santé en Ile-de-France.
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Mieux Évaluer pour Mieux Agir

La France doit changer d’ère ! Elle doit s’engager vers plus d’indépendance, plus de transparence, mais aussi une plus grande qualité des évaluations des politiques publiques.

Nous devons passer du discours de bonne volonté à la pratique effective et mettre en place un vrai cercle vertueux de l’évaluation : Cohérence, Efficacité, Efficience !

L’évaluation des politiques publiques est devenue une exigence démocratique, attendue par les franciliens. Pour autant, dans notre paysage institutionnel complexe où les compétences sont imbriquées, il est important d’en fixer son champ, ses résultats et ses limites.

En tant que responsable politique, nous devons toujours avoir à l’esprit la maitrise de la dépense de l’argent public qui n’est autre que l’argent de tout un chacun.  Nous ne pouvons plus nous permettre de dépenser sans évaluer.

La contrainte financière est une réalité pour la Région. L’évaluation doit donc être un outil d’aide à la décision afin d’apprécier la valeur des actions conduites, de la politique publique souhaitée par l’exécutif régional, des programmes et dispositifs, au regard de ses résultats et de la perception de ses effets par le citoyen et l’usager.

Chaque politique publique doit pouvoir être évaluée avant d’être pérennisée et pas seulement au bout d’un an de mise en œuvre mais aussi et surtout dans la durée de son action dans le temps.

  • Évaluer les politiques existantes pour décider s’il faut ou non les maintenir
  • Contrôler l’efficience et la dépense publique
  • Évaluer l’impact des nouveaux dispositifs pour déterminer s’ils atteignent leurs objectifs ou méritent d’être revus, ajustés ou abandonnés.

L’enjeu d’une meilleure évaluation des politiques publiques est crucial pour l’avenir de la France mais elle ne pourra se déployer qu’à la condition d’une volonté et d’un consensus politique.

Cette volonté nous l’avons à la Région Ile-de-France. Afin d’éclairer les choix des élus régionaux et rendre compte aux franciliens, nous travaillons, sous ma responsabilité et avec les services, à disposer en interne d’un service indépendant qui sera en charge du pilotage des évaluations de nos politiques publiques régionales.

Au-delà des synthèses et mises en perspectives, ces évaluations pourront être commandées en amont de toutes décisions de l’Exécutif régional. Elles mettront du sens dans l’élaboration du Budget de la Région entre les différentes lignes et permettront de dresser un bilan argumenté, quantitatif et qualitatif de notre action auprès des Franciliens.