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« Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l’esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes. »

cérémonie abolition Esclavage mai 2016

Le 10 mai dernier, j’étais à Drancy pour commémorer la 11ème journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions.

Durant plus de deux siècles, des hommes, des femmes et des enfants  ont été achetés, arrachés à leur terre natale, à leur famille et vendus comme des marchandises. Durant des siècles, des hommes ont asservi, brutalisé, violenté d’autres hommes dans l’impunité la plus totale. L’histoire de l’esclavage n’est pas seulement l’histoire des descendants de l’esclavage, c’est l’histoire de tous les citoyens de notre République.

Commémorer les grandes dates de notre histoire, c’est, bien sûr, invoquer la mémoire et honorer le souvenir des victimes, sacrifiées. C’est aussi et surtout ressourcer nos convictions, pour mieux travailler au présent et préparer l’avenir. Notre XXe siècle n’a guère de leçons à donner. L’inhumanité s’est incarnée dans des crimes sans nom, dans des peuples meurtris. Esclavagisme et totalitarisme naissent du même terreau, celui du mépris, de la haine et de l’ignorance. Aujourd’hui, ce devoir de mémoire revêt un caractère d’une importance toute particulière. Pour autant, il nous faut dépasser les incantations verbales, un peu faciles peut-être, pour prêter une oreille attentive à ceux qui ont été la voix de la conscience humaine.Victor Schœlcher est au premier rang de nos grands témoins, par la dignité et l’authenticité de son combat, plus encore peut-être que par les circonstances historiques qui lui ont permis de faire adopter le décret de 1848. Il relaie ainsi et fait aboutir l’impulsion donnée dès le début de la Révolution par les Brissot, Condorcet, Raynal, Robespierre et Grégoire. Ils ont ouvert la voie à tous ceux qui ont, par la suite, par leurs combats, contribué à dessiner le visage de notre République et à en forger son identité humaniste.

Cependant, aujourd’hui encore, des formes d’esclavage et de travail forcé subsistent dans le monde, contre lesquelles nous devons plus que jamais nous mobiliser. Elles doivent être combattues avec force, courage et détermination.

Nous ne pouvons transiger avec le respect de la dignité humaine. Au XXIe siècle, notre bataille est celle de la tolérance, de l’égalité des chances et des droits de tous les citoyens, sans distinction de couleur, d’origine ou de religion. C’est un combat sans relâche contre toutes les discriminations quelles que soient leurs formes. Tachons ensemble d’être à la hauteur de cette responsabilité !

En célébrant  le souvenir des victimes de l’esclavage, nous rappelons aussi que la France trouve sa grandeur dans sa diversité et sa force dans son unité.

¹ Article 4 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme
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