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Lettre au candidat socialiste pour les régionales en Ile-de-France

Stéphane SALINI, conseiller politique du Président de l’UDI, Jean-Christophe LAGARDE, est conseiller départemental de Seine-Saint-Denis et Président de la Communauté d’Agglomération de l’Aéroport du Bourget (94 000 habitants).

A quelques mois d’une élection qui décidera de l’avenir de notre région et de nos territoires, auriez-vous l’intention, Monsieur le candidat socialiste, de gérer la région comme vous avez géré la Seine-Saint-Denis ?

En l’espace de quelques années, les séquano-dyonisiens ont pu constater la dégradation rapide et inadmissible de leurs services publics en même temps qu’ils subissaient une augmentation exponentielle de leurs impôts. Pourtant, vous Président du Conseil général de la Seine-Saint-Denis, vous aviez affirmé prendre en compte les mutations sociales intervenues dans le Département !

Les habitants paient aujourd’hui le résultat de votre flagrant manque d’anticipation et de vision dans la gestion des affaires du Département.

Manque d’anticipation d’abord, avec un plan collège bâclé, adopté dans l’urgence car il a fallu tout faire, tout de suite pour combler votre retard, alors que la gauche est aux responsabilités depuis plus de 45 ans, dans la rénovation et la construction de nouveaux collèges. Un plan élaboré sans concertation, dans la précipitation et donc avec un coût financier bien plus important : près de 600 millions d’euros, financés, en grande partie, par le recours à l’emprunt, gelant tout autre investissement.

Manque d’anticipation ensuite, dans la gestion des crèches départementales : vous souhaitiez que la Seine-Saint-Denis occupe le premier rang de tous les Départements d’Ile-de-France dans le domaine de la petite enfance. La Seine Saint Denis occupe bien la première place…mais celle du Département le plus jeune de France, et la dernière en termes de places disponibles dans les crèches. Devant la difficulté de trouver une solution pour leurs enfants, de nombreux parents, doivent s’arrêter de travailler.

Monsieur le candidat, vous affirmiez vouloir tout faire pour soutenir les citoyens dans la difficulté et pour les accompagner sur le chemin de la réinsertion. Aujourd’hui,  le Département de Seine-Saint-Denis n’est même plus capable de recevoir les allocataires par manque de chargés d’insertion. Deux allocataires sur trois ne sont pas reçus. Rien n’est fait pour les allocataires du RSA, pourtant en forte augmentation dans notre Département et dont le nombre frôle aujourd’hui les 100 000 allocataires. Ceux-là sont laissés sur le bord du chemin, sans accompagnement du Département qui est devenu une simple boîte aux lettres et qui, il faut le dire, par choix politique, se borne à verser le RSA sans chercher à réinsérer ces allocataires.

Cette gestion hasardeuse, sans anticipation, aura naturellement provoqué une hausse des impôts intolérable de près de + 65%. Pour la Seine-Saint-Denis c’est plus de 800 millions d’euros pris dans les poches de ses habitants depuis 2008, sans compter une dette abyssale de près de 2 milliards d’euros.

Mais un malheur n’arrivant jamais seul, et puisque il fallait trouver, bon an mal an, des sources d’économies substantielles, vous avez décidé d’infliger à toutes les villes de Seine-Saint-Denis un moratoire sur les dotations pour les équipements sportifs et culturels. Une belle ingéniosité, la Seine-Saint-Denis étant le seul et unique Département français à ne plus verser un centime aux villes pour qu’elles investissent…La rigueur oui, mais imposée à d’autres !

Monsieur le candidat socialiste, vous avez géré la Seine-Saint-Denis comme François Hollande gère la France et désormais vous vous tournez vers la région Ile-de-France, le couteau entre les dents, région stratégique pour tenter de sauver une gauche en perdition. Simple calcul politique.

Outre ce manque d’anticipation, c’est bien le décalage entre le discours et les actes qui frappe. Vous aviez pris la responsabilité d’offrir à tous le collège de l’égalité, le collège de la réussite et le collège de la sécurité. Combien de parents ont dû retirer leurs enfants des cantines dont les tarifs ont augmenté jusqu’à + 100 % ? Cette augmentation injuste, votée par votre majorité et encore une fois sans concertation, touche au pouvoir d’achat de 35 000 familles du Département alors que vous affirmiez vouloir lutter contre les injustices sociales !

Je ne parle pas de la diminution de 50% de l’aide pour la carte Imagin’R, pour les jeunes, l’augmentation de 166% de la carte Améthyste pour les personnes âgées et dépendantes, encore des exemples des mensonges de la gauche en Seine-Saint-Denis, alors que vous proclamiez prendre toutes les responsabilités pour faire reculer les inégalités.

Monsieur le candidat, vous vous présentez comme tête de liste aux élections régionales. Ne vous trompez pas d’objectif. Il ne s’agit pas de se faire élire et de remporter  l’Ile-de-France, comme on gagne un trophée.

Pour  l’union du centre et de la droite, il s’agit de se faire élire pour changer la vie des habitants de notre région et de la Seine-Saint-Denis particulièrement. Comment ?

En améliorant la desserte des villes dites périphériques de Paris : les franciliens sont au bord de la crise de nerf ! Il est temps de moderniser le matériel roulant de l’Ile-de-France. Un plan d’urgence dans les transports en particulier pour les lignes du RER et le transilien doit donc être mis en place, comme le propose Valérie Pécresse, afin de faire passer la moyenne d’âge des trains de 26 ans aujourd’hui  à 10 ans en 2021. Pour l’Ile-de-France c’est aussi l’achat de 700 nouvelles rames et la rénovation totale de 113 rames du RER C. Par ailleurs, L’état du réseau de transports en commun n’a cessé́ de se dégrader. Ce qui n’a pas empêché́ la majorité́ de gauche d’infliger aux usagers sept augmentations de tarifs depuis 2010. Pour la Seine-Saint-Denis, cela concerne l’avancée rapide de l’extension de la ligne 14 du métro jusqu’à Saint-Ouen, le prolongement de la ligne 11 jusqu’à Rosny-sous-Bois, le projet de tramway T1 Bobigny-Val de Fontenay.

En permettant  à tous les lycéens d’étudier dans des conditions dignes et en garantissant l ‘équité sociale : les 17 années de gestion de la région par la gauche n’ont fait qu’aggraver les inégalités entre franciliens, en particulier dans l’éducation et la formation, la région ayant décidé de supprimer la gratuité des livres et l’aide à la cantine pour près de 100 000 lycéens, soit près de 20% des lycéens de la région. En Seine-Saint-Denis les nouveaux chantiers de lycées promis ne sont même pas démarrés !

En soutenant les TPE et PME de la région car depuis 2010, le budget destiné à l’action économique a baissé de 36%. Peut-on priver l’Ile-de-France, 1er pôle économique de notre pays, du support de la région ? Au contraire, celle-ci doit s’engager financièrement en faveur, notamment, des pôles de compétitivité ou favoriser l’essor des PME et la création d’entreprises en misant sur les instruments spécifiques d’aide aux entreprises : subventions, bonifications d’intérêts, prêts ou avances remboursables, à taux nul ou à des conditions plus favorables que celles du Taux moyen des obligations. Au dernier vote du budget régional, l’Ile-de-France n’a dépensé que 500 000 euros pour l’artisanat, le commerce et les métiers d’art, soit 60 centimes par entreprise artisanale ! L’Ile-de-France doit retrouver sa vocation d’investissement.

À l’heure où 8 franciliens sur 10 sont prêts à quitter l’Ile-de-France, L’union du centre et de la droite, Monsieur le candidat n’a qu’un seul objectif : redonner l’envie et la fierté de vivre en Ile-de-France.

En effet, nous devons beaucoup plus aux franciliens.

Stéphane Salini

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