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Lettre ouverte pour la jeunesse de la Seine-Saint-Denis

Qui n’a jamais entendu cette question, sur les ondes radio ou devant les écrans, posée par la droite à la gauche ou inversement ;  l’éternelle question : « Quel avenir pour la jeunesse ? ».  Alors même que nous continuons à nous la poser, il semble qu’aucune réponse raisonnable n’ait encore été apportée à ce jour.

Serait-ce véritablement un problème insoluble ? Ou bien l’expression de la lassitude d’une partie de notre classe politique, bien incapable de voir, derrière le mythe de la jeunesse rebelle, les vrais problèmes concrets auxquels elle fait face ?

En Seine-Saint-Denis, peut-être plus qu’ailleurs, la jeunesse n’est pas qu’un mot pour paraphraser Pierre Bourdieu. Il faut se garder d’en faire une catégorie, elle est trop diverse pour cela. J’accepte d’ailleurs aisément l’idée qu’elle puisse être la richesse de notre Département, et, au-delà, son avenir. Dans le Département le plus jeune de France, où près de 30% des habitants ont moins de 30 ans,  les réponses apportées par les pouvoirs publics ne semblent plus correspondre aux besoins, au contraire : en Seine-Saint-Denis pour les jeunes au chômage c’est « prends ton RSA et tires-toi ! », et c’est à peine caricatural : les chargés d’insertion sont bien peu nombreux pour accompagner les jeunes dans leur recherche d’emploi ou même pour les aiguiller dans leur parcours professionnel. Pour ceux qui sont au collège c’est l’instauration d’une augmentation sans précédent des tarifs de la cantine scolaire (+100%), pour ceux qui veulent faire du sport, c’est la baisse drastique des subventions aux associations sportives, enfin, pour ceux qui voudraient bénéficier d’une aide à l’accompagnement scolaire, il n’existe rien…si ce n’est la bonne volonté de certains maires, comme à Drancy.

Je propose 3 mesures concrètes à l’échelle de notre Département, au besoin en passant par le droit à l’expérimentation prévue dans notre Constitution :

 

La première mesure consiste à généraliser le service civique et à le valoriser dans le parcours éducatif.

Le volontariat doit être encouragé dès le collège. Je ne dis pas qu’il doit être obligatoire, cela me semble contradictoire avec l’idée même du volontariat. Mais il doit être valorisé et reconnu, présenté aux élèves et mis en avant par la communauté éducative dans son ensemble.

 

La deuxième mesure est un encouragement soutenu envers l’apprentissage.

La France est le pays de l’artisanat et des métiers. L’apprentissage n’est plus l’apanage du secteur privé : depuis dix ans, le nombre d’apprentis au sein de la fonction publique a été multiplié par quatre, passant de 2600 apprentis en 2001 à 12 700 apprentis recensés pour l’année 2012.  Afin de donner une impulsion nouvelle à ce dispositif, mais surtout pour faire face à la pénurie des vocations dans certaines filières artisanales, c’est au Département d’agir.

 

La troisième mesure c’est bien de remettre le sport au cœur de l’engagement départemental auprès des jeunes

Baisser drastiquement les subventions aux associations sportives n’est pas acceptable, surtout en Seine-Saint-Denis. Il faut, au contraire, mettre les moyens pour que chacun puisse, le temps d’un après-midi ou d’une journée, s’exprimer dans une activité physique. Arrêtons de penser que le sport n’est qu’un loisir…son rôle social et éducatif n’est plus à prouver. Pour certains il peut s’avérer vital.

 

Garantir une chance pour chacun, pérenniser des dispositifs efficaces, exacerber le désir de réussite : n’est-ce pas là notre mission, à nous tous, parents, politiques ?

Je me souviens qu’à l’automne 2013, des jeunes de 18 à 34 ans étaient conviés par France Télévisions à répondre à un long questionnaire en ligne sur eux-mêmes et leur génération. Près de 70 % d’entre eux avaient alors le sentiment que la société française ne leur donnait pas les moyens de montrer ce dont ils étaient  capables…et  81 % affirmaient que le travail était important dans leur vie.

Dans notre société vieillissante, ne laissons pas la jeunesse piétiner à son seuil. N’ayons pas peur, elle ne veut rien bousculer, mais seulement se faire entendre et s’intégrer.

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