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Crèches : lettre ouverte au 1er ministre

Avec son annonce sur la « rénovation de la politique familiale », comprenant en particulier la création de 100 000 places en crèche collective, le Premier ministre propose une politique exactement inverse à celle de ses amis du Conseil général de Seine-Saint-Denis.

Lors du débat budgétaire, la majorité socialiste et communiste du Conseil général a pris publiquement la décision de ne plus subventionner les places en crèches privées des familles de Seine-Saint-Denis. Au groupe UDI nous avons contesté ce choix idéologique : la nature départementale, municipale, associative ou économique de la crèche n’a aucune importance, ni pour les enfants, ni pour les parents, et encore moins pour l’action publique en faveur de la famille et de la petite enfance.

Quelques semaines plus tard, et de manière plus « discrète », c’est-à-dire en commission permanente, l’exécutif socialiste décidait d’aller plus loin dans l’abandon de la politique d’accueil du jeune enfant mise en place par Claude BARTOLONE en 2008 : dès cette année, la subvention des crèches privées encore sous contrat avec le département est divisée par deux – un vrai déshonneur, car on ne manque pas à la parole donnée et au contrat signé – et  les subventions aux crèches publiques sont diminuées de 16 % !

Décision totalement inéquitable et aussi injuste socialement qu’économiquement : le service dont bénéficie les famille n’est pas mesuré en fonction de leurs moyens, mais en fonction de l’endroit où elles vivent ! Il y a désormais 4 niveaux de citoyens dans ce département : les parents des crèches privées sans convention, qui n’ont droit à rien ; les parents des crèches privées encore sous convention, que l’on peut trahir à l’envie ; les parents des crèches publiques, que l’ont peut encore rationner un peu ; les parents des crèches associatives, les seuls pour qui rien ne bouge.

Sachant que la Seine-Saint-Denis est à la fois le département le plus jeune de France et celui où il y a le moins de places d’accueil pour les jeunes enfants, je me suis adressé directement au Premier ministre pour que notre département bénéficie en priorité de la création de nouvelles places de crèche ainsi que des aides du nouveau « fonds de réduction des inégalités ».

Avec la majorité départementale actuelle, nous risquons bien la double peine : ne rien recevoir de l’Etat des centaines de millions réclamés par le Département au titre de la compensation des compétences sociales (RSA, APA etc…), mais ne rien recevoir non plus d’un plan d’investissement national parce que le Département a pris la voie exactement inverse !

Lettre Ayrault

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