Editos, Presse

Contre la hausse des tarifs dans nos cantines !

Trop, c’est trop ! Avec nos collègues du groupe UDI nous avons décidé de mobiliser les familles de Seine-Saint-Denis contre la hausse des tarifs que le Conseil général vient de voter le 11 octobre dernier.

Des hausses de 9 à 100 %, qui touchent près des trois quarts des familles dont les enfants fréquentent les cantines des collèges.

Vous aussi, exprimez-vous et rejoignez-nous sur www.cantinestropcheres.com que nous avons créé pour mobiliser les familles. Voici ma réaction en séance publique contre cette nouvelle attaque du pouvoir d’achat des familles par la gauche.

« Monsieur le Président, chers collègues,

Sur cette nouvelle proposition de modification tarifaire, j’ai du mal à croire, Monsieur Hanotin (Vice-Président du Conseil général), que cela vienne de vous, une de vos premières décisions depuis que vous êtes devenu parlementaire, même si nous venons d’avoir sous les yeux un nouvel amendement, mais je ne m’en réjouirai pas car c’est le fruit de discussions que vous menez depuis ce matin avec vos partenaires du Front de Gauche. Je pense que les 34 000 collégiens sont pris en otage de vos discussions en catimini, je trouve cela très sincèrement déplacé.

Vous vous doutez néanmoins que dans cette situation économique et sociale actuelle, notre groupe a regardé de très près vos propositions. Vous annoncez comme objectif le renforcement de la qualité des services, très bien, l’augmentation du nombre de demi-pensionnaires et une tarification équitable.

Pour le premier objectif, avec la meilleure des volontés, je ne vois pas où sont les dépenses supplémentaires qui nécessiteraient un effort supplémentaire de la part des familles.

Je vous ai écouté. Vous nous annoncez de bien lourds investissements pour la modernisation du service de restauration, mais sans pour autant nous les préciser budgétairement. Sinon, la création d’un poste de diététicienne supplémentaire, ajouté à un recrutement de deux formateurs qui viennent en plus des quatre existants, ne nous paraît pas nécessiter une refonte des tarifs appliqués à plus de 34 000 collégiens.

Par ailleurs, la seule action concrète que vous avez engagée et qui le sera à partir du 1er janvier 2013, à savoir la création d’un groupement d’achats de denrées alimentaires, permettrait même, à notre avis, de réaliser quelques économies.

La seule nécessité à ce stade pourrait être l’augmentation annoncée du nombre de demi-pensionnaires, mais si nous suivons votre proposition de hausse des tarifs, car disons-le clairement, il s’agit d’augmenter les prix des repas pour plus de 73 % de demi-pensionnaires, à croire les chiffres que vous nous avez communiqués, je ne vois pas en quoi cela attirerait davantage de familles. Reste donc sinon un objectif, mais au moins une justification, les tarifs pratiqués par le Département, et M. le président l’a fait remarquer tout à l’heure, seraient notoirement inférieurs à ceux des autres départements d’Ile-de-France (nous nous comparons maintenant) et même inférieurs à ceux pratiqués par certaines communes de Seine-Saint-Denis.

Je formulerai deux objections à un tel raisonnement.

D’abord, la fixation des tarifs doit avoir un but politique. Je n’aurais pas la perfidie de vous demander pourquoi l’exemple de Drancy, du Bourget et de Dugny n’a pas été cité parmi les tarifs municipaux, peut-être que la gratuité est difficile à comparer, mais les trois communes avaient un double objectif politique : permettre au plus grand nombre de nos enfants, surtout des classes populaires, d’avoir au moins un repas équilibré par jour et augmenter le nombre de rationnaires.

D’où ma seconde objection, Monsieur Hanotin, pour atteindre un même objectif, vous adoptez la mesure inverse à mon sens : augmenter les tarifs. A Drancy encore, la gratuité de la cantine a entraîné une augmentation de plus de 20 % de la fréquentation de la restauration scolaire pour atteindre aujourd’hui un taux de 85 %. Je pense que l’inverse malheureusement va se produire dans les collèges de la Seine-Saint-Denis avec ces hausses de tarifs.

Enfin, vous souhaitez davantage d’équité tarifaire. Selon les tableaux fournis dans le rapport, je constate à ma plus grande surprise que vos tarifs plus justes auront des conséquences graves, notamment pour les classes moyennes. Même si dans l’amendement que vous venez de nous donner, un barème vient de changer, mais c’est un barème des revenus les plus élevés. Vous venez d’inventer le « bouclier tarifaire. » C’est le barème le plus élevé que vous venez de négocier ce matin dans les couloirs du Conseil général. Les plus aisés vont bénéficier de vos négociations, encore une fois ce sont les classes populaires qui vont trinquer…

Je suis au regret de constater que nous avons une vision différente de la justice sociale, surtout dans une période économique difficile où le chômage explose et où la récession guette. Le seul gagnant de cette réforme, ce sont les finances départementales.

De surcroît, vous nous proposez un gagnant-gagnant et le gagnant est à tous les coups la collectivité, à tel point que vos services s’enthousiasment dans le rapport prédisant que non seulement on n’aura plus à verser un sou aux collèges au titre de la subvention de la restauration, mais que de surcroît, je cite « il sera même nécessaire d’avoir recours à un titre de recette pour récupérer l’ensemble des recettes générées ».

Monsieur Hanotin, je ne vais pas vous surprendre en vous disant que le groupe UDI ne soutiendra pas votre refonte tarifaire, pas maintenant et pas comme cela. Pas maintenant dans cette période difficile pour toutes les familles françaises et celles de Seine-Saint-Denis sans distinction. On s’aperçoit que pour un certain nombre de familles, c’est facile 48 € en plus par mois, voire 96. L’amendement de couloir de ce matin a fait changer quelques chiffres, néanmoins cela reste pour des familles qui ont du mal à finir les fins de mois, qui le 20 du mois n’ont plus d’argent en poche, vous leur rajoutez 30 à 40 € supplémentaires. Ceux-ci s’ajoutent à la suppression de la subvention pour la carte Imagine R, encore. Je ne parle pas de la fiscalisation des heures supplémentaires et toutes les hausses d’impôts que votre gouvernement vient de voter !

Vous n’avez pas de véritable projet d’investissement pour la restauration avec votre refonte tarifaire qui s’appelle à mon sens des impôts déguisés. Non merci, la justice sociale, cela ne peut pas être seulement plus d’impôts pour tout le monde.« 

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