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octobre 2012

Editos, Presse

Contre la hausse des tarifs dans nos cantines !

Trop, c’est trop ! Avec nos collègues du groupe UDI nous avons décidé de mobiliser les familles de Seine-Saint-Denis contre la hausse des tarifs que le Conseil général vient de voter le 11 octobre dernier.

Des hausses de 9 à 100 %, qui touchent près des trois quarts des familles dont les enfants fréquentent les cantines des collèges.

Vous aussi, exprimez-vous et rejoignez-nous sur www.cantinestropcheres.com que nous avons créé pour mobiliser les familles. Voici ma réaction en séance publique contre cette nouvelle attaque du pouvoir d’achat des familles par la gauche.

« Monsieur le Président, chers collègues,

Sur cette nouvelle proposition de modification tarifaire, j’ai du mal à croire, Monsieur Hanotin (Vice-Président du Conseil général), que cela vienne de vous, une de vos premières décisions depuis que vous êtes devenu parlementaire, même si nous venons d’avoir sous les yeux un nouvel amendement, mais je ne m’en réjouirai pas car c’est le fruit de discussions que vous menez depuis ce matin avec vos partenaires du Front de Gauche. Je pense que les 34 000 collégiens sont pris en otage de vos discussions en catimini, je trouve cela très sincèrement déplacé.

Vous vous doutez néanmoins que dans cette situation économique et sociale actuelle, notre groupe a regardé de très près vos propositions. Vous annoncez comme objectif le renforcement de la qualité des services, très bien, l’augmentation du nombre de demi-pensionnaires et une tarification équitable.

Pour le premier objectif, avec la meilleure des volontés, je ne vois pas où sont les dépenses supplémentaires qui nécessiteraient un effort supplémentaire de la part des familles.

Je vous ai écouté. Vous nous annoncez de bien lourds investissements pour la modernisation du service de restauration, mais sans pour autant nous les préciser budgétairement. Sinon, la création d’un poste de diététicienne supplémentaire, ajouté à un recrutement de deux formateurs qui viennent en plus des quatre existants, ne nous paraît pas nécessiter une refonte des tarifs appliqués à plus de 34 000 collégiens.

Par ailleurs, la seule action concrète que vous avez engagée et qui le sera à partir du 1er janvier 2013, à savoir la création d’un groupement d’achats de denrées alimentaires, permettrait même, à notre avis, de réaliser quelques économies.

La seule nécessité à ce stade pourrait être l’augmentation annoncée du nombre de demi-pensionnaires, mais si nous suivons votre proposition de hausse des tarifs, car disons-le clairement, il s’agit d’augmenter les prix des repas pour plus de 73 % de demi-pensionnaires, à croire les chiffres que vous nous avez communiqués, je ne vois pas en quoi cela attirerait davantage de familles. Reste donc sinon un objectif, mais au moins une justification, les tarifs pratiqués par le Département, et M. le président l’a fait remarquer tout à l’heure, seraient notoirement inférieurs à ceux des autres départements d’Ile-de-France (nous nous comparons maintenant) et même inférieurs à ceux pratiqués par certaines communes de Seine-Saint-Denis.

Je formulerai deux objections à un tel raisonnement.

D’abord, la fixation des tarifs doit avoir un but politique. Je n’aurais pas la perfidie de vous demander pourquoi l’exemple de Drancy, du Bourget et de Dugny n’a pas été cité parmi les tarifs municipaux, peut-être que la gratuité est difficile à comparer, mais les trois communes avaient un double objectif politique : permettre au plus grand nombre de nos enfants, surtout des classes populaires, d’avoir au moins un repas équilibré par jour et augmenter le nombre de rationnaires.

D’où ma seconde objection, Monsieur Hanotin, pour atteindre un même objectif, vous adoptez la mesure inverse à mon sens : augmenter les tarifs. A Drancy encore, la gratuité de la cantine a entraîné une augmentation de plus de 20 % de la fréquentation de la restauration scolaire pour atteindre aujourd’hui un taux de 85 %. Je pense que l’inverse malheureusement va se produire dans les collèges de la Seine-Saint-Denis avec ces hausses de tarifs.

Enfin, vous souhaitez davantage d’équité tarifaire. Selon les tableaux fournis dans le rapport, je constate à ma plus grande surprise que vos tarifs plus justes auront des conséquences graves, notamment pour les classes moyennes. Même si dans l’amendement que vous venez de nous donner, un barème vient de changer, mais c’est un barème des revenus les plus élevés. Vous venez d’inventer le « bouclier tarifaire. » C’est le barème le plus élevé que vous venez de négocier ce matin dans les couloirs du Conseil général. Les plus aisés vont bénéficier de vos négociations, encore une fois ce sont les classes populaires qui vont trinquer…

Je suis au regret de constater que nous avons une vision différente de la justice sociale, surtout dans une période économique difficile où le chômage explose et où la récession guette. Le seul gagnant de cette réforme, ce sont les finances départementales.

De surcroît, vous nous proposez un gagnant-gagnant et le gagnant est à tous les coups la collectivité, à tel point que vos services s’enthousiasment dans le rapport prédisant que non seulement on n’aura plus à verser un sou aux collèges au titre de la subvention de la restauration, mais que de surcroît, je cite « il sera même nécessaire d’avoir recours à un titre de recette pour récupérer l’ensemble des recettes générées ».

Monsieur Hanotin, je ne vais pas vous surprendre en vous disant que le groupe UDI ne soutiendra pas votre refonte tarifaire, pas maintenant et pas comme cela. Pas maintenant dans cette période difficile pour toutes les familles françaises et celles de Seine-Saint-Denis sans distinction. On s’aperçoit que pour un certain nombre de familles, c’est facile 48 € en plus par mois, voire 96. L’amendement de couloir de ce matin a fait changer quelques chiffres, néanmoins cela reste pour des familles qui ont du mal à finir les fins de mois, qui le 20 du mois n’ont plus d’argent en poche, vous leur rajoutez 30 à 40 € supplémentaires. Ceux-ci s’ajoutent à la suppression de la subvention pour la carte Imagine R, encore. Je ne parle pas de la fiscalisation des heures supplémentaires et toutes les hausses d’impôts que votre gouvernement vient de voter !

Vous n’avez pas de véritable projet d’investissement pour la restauration avec votre refonte tarifaire qui s’appelle à mon sens des impôts déguisés. Non merci, la justice sociale, cela ne peut pas être seulement plus d’impôts pour tout le monde.« 

Presse

PDU Ile de France : des questions…

Voici mon intervention, au nom du groupe UDI, en séance plénière du Conseil général du 11 octobre 2012 concernant le Plan de Déplacements Urbains (PDU) de la Région Ile de France : une déception concernant le Grand Paris Express, des interrogations sur la cohérence de la position du Département, des inquiétudes sur l’absence de certaines solutions possibles. Mais, dans l’intérêt de la modernisation des transports et de l’amélioration de l’environnement des Franciliens, nous avons décidé de ne pas entraver la marche en avant du PDU.

« Monsieur le Président, mes Chers collègues,

On nous demande aujourd’hui de donner un avis sur le Plan de Déplacements Urbains de la Région Ile de France, dont l’objectif de réalisation se situe à l’horizon 2020. Ce programme, révision du premier PDU adopté en 2000 et qui est engagée depuis 2007 par le STIF, est particulièrement bien documenté, fourni, argumenté, illustré… Un véritable travail d’expert en matière de transports !

Comme le dit le rapport présenté par notre exécutif départemental, c’est un projet ambitieux qui traite de réels enjeux pour la Seine-Saint-Denis, et j’ajouterais qu’il traite de questions qui concernent, qu’il le veuille ou non, chacun des habitants de notre département dans son quotidien. Et en termes d’objectifs environnementaux, qu’il s’agisse de qualité de vie, d’accessibilité ou de citoyenneté, qui pourrait ne pas être d’accord ?

Mais malheureusement, au-delà de ces nobles objectifs, les moyens décrits pour y parvenir me semblent manquer singulièrement de cohérence politique et de sens des réalités.

Hier, dans cette même salle, vous nous avez trouvé à vos côtés, Monsieur le Président, pour soutenir l’exigence de notre territoire à voir financés et engagés à la fois le projet Grand Paris Express et le plan de mobilisation pour les transports de la Région. Aujourd’hui vous nous demandez de soutenir un PDU qui consacre un paragraphe, une page et une carte au Grand Paris… sur plusieurs centaines de pages.

Si le plus important projet de déploiement et de modernisation d’un moyen de transport public lourd, tant en investissement qu’en nombre de territoires et de citoyens concernés n’est pas au cœur d’un plan de déplacements urbains, à quoi sert ce plan ?

Il y a un mois, Monsieur le Président, vous avez mobilisé élus et représentants sociaux dans cette même salle autour de la sauvegarde du site industriel d’Aulnay. Je ne rappellerai à personne dans cette assemblée que nous parlons d’automobile… Aujourd’hui, vous nous demandez d’approuver un plan dont, comme en 2000, le fil rouge est la diminution constante du trafic automobile. J’ai un peu de mal, en tant qu’élu, à dire à mes concitoyens que je me bats pour qu’on continue à construire des automobiles en Seine-Saint-Denis, mais que je ne veux pas qu’on les utilise en Ile de France.

Voilà pour la cohérence politique… Mais ce projet oublie également certaines réalités, pourtant bien concrètes, que nombre d’entre nous connait, et qu’il convient donc que l’on rappelle.

Au nombre des énergies alternatives aux matières pétrolières – parce qu’en termes de qualité de l’environnement c’est bien de cela dont il s’agit – le PDU consacre des dizaines de pages… au muscle humain, sous forme de marche ou de vélo. Et presque rien sur l’électricité ! 47 communes d’Ile-de-France, dont Paris et 8 communes de Seine-Saint-Denis, ont créé le premier service de voitures électriques en libre-service : un petit paragraphe de 7 lignes sur Autolib’ dans tout le PDU.

Certes, il s’agit d’un mode « individuel motorisé» de déplacement, qui doit, selon le Défi 5 du PDU, être fortement réduit. On pourrait au moins émettre l’idée qu’à l’horizon 2020, se fixer l’objectif de développer le partage de véhicules électriques – et c’est bien ça dans la réalité ! – est moins coûteux en espace et en pollution que les automobiles classiques au pétrole. Que l’usage de l’énergie électrique est plus favorable à notre environnement, et qu’au nombre des contraintes urbanistiques on pourrait prévoir l’installation de bornes électriques dans les constructions nouvelles, au même titre que les places de stationnement de vélos.

Non, on préfère « mener une réflexion à l’échelle régionale sur les nouveaux véhicules ». En somme, on interdit d’abord, on remplace ensuite…

Et puisque nous en sommes à l’impact du PDU sur l’environnement et la qualité de vie des franciliens, le chapitre 4 qui y est consacré s’intéresse au gaz à effet de serre, à la pollution sonore, à la sécurité routière entre autres, mais pas un mot sur le transport de matières dangereuses en zone urbaine.

Rien non plus, à ma grande surprise, dans le Défi 7 pourtant intitulé « Rationaliser l’organisation des flux de marchandises… ». Je me permets de vous rappeler, chers collègues, que nous avons découvert grâce à un rapport de la Direction Régionale et Interdépartementale de l’Environnement et de l’Énergie, que des milliers de wagons de matières immédiatement dangereuses pour les populations continuaient à être triés sur la gare de fret de Paris-Le Bourget. Peut-être que le sort de 220 000 habitants de notre Département, directement mis en danger, mériterait une prise de position claire de notre part.

Que dire aussi du fait que sur 4 mesures normatives, il a fallu s’en trouver une qui fasse peser sur les entreprises du secteur tertiaire une contrainte d’accessibilité pour leurs salariés, qui va à l’encontre de la logique actuelle en matière d’urbanisme. En effet, limiter le nombre maximal de places de stationnement dans les constructions nouvelles de bureaux est l’inverse exacte de ce qu’essaient d’imposer les élus locaux aujourd’hui, c’est-à-dire contraindre ces nouvelles constructions à absorber le maximum de places de stationnement dans l’emprise de leur projet pour en limiter l’impact sur le domaine public.

Comme par ailleurs, et je rejoins sur ce point le rapport de notre exécutif, les Plans de déplacement entreprise ne comportent aucune mesure incitative à mettre en place des modes alternatifs aux déplacements motorisés individuels, la réalité rattrapera le dogmatisme et laissera chacune de nos villes se débrouiller avec l’afflux supplémentaire de véhicules dans nos rues… Non seulement cette mesure n’aura rien résolu, mais elle pose une contrainte supplémentaire à la création d’activités économiques nouvelles dans le seul secteur – le tertiaire – qui peut encore être créateur d’emplois dans un département qui souffre plus que d’autres du chômage.

En conclusion Monsieur le Président et chers collègues, je suis dubitatif sur l’attitude à adopter à l’égard de ce PDU. Quand un plan à moyen terme qui touche chaque habitant oublie manifestement l’essentiel – le déploiement du Grand Paris Express – qu’elle manque de cohérence et du sens des réalités, et qu’elle demande jusqu’à trois pages de commentaires et de précisions – celles de la majorité départementale en l’occurrence ! – il est difficile d’être enthousiaste.

En revanche, émettre un avis défavorable serait sans conséquence sur la marche en avant du PDU. Je suis donc favorable à l’adoption de la délibération que vous nous proposez, tout en souhaitant, en cohérence avec mon mandat d’élu de Drancy que vous ajoutiez dans vos observations et réserves annexées à cette délibération les points défendus par le conseil municipal le 21 septembre dernier :

  1. Au titre du Défi 1 : préciser la marche en avant du comité d’axe de la RD30 pour l’amélioration du partage multimodal de la voirie
  2. Au titre du Défi 2 : intégrer le prolongement de la ligne 5 du métro au cœur de Drancy, ou la modification de la ligne « orange » du Grand Paris Express pour cette même desserte
  3. Au titre du Défi 4 : adapter l’offre de stationnement vélo au contexte local, et pour cela diminuer le ratio entre places pour véhicules et places pour vélo ainsi que le périmètre autour des gares
  4. Au titre du Défi 7 : exiger le transfert des activités ferroviaires de triage de matières dangereuses de la gare de Drancy-Le Bourget

Enfin, je souhaiterais que le Conseil général exige clairement qu’au titre du Défi 2, la réalisation du projet Grand Paris Express soit clairement indiquée comme prioritaire.

Presse

Grand Paris Express : la mobilisation !

Avec Jean Christophe LAGARDE, Député-Maire de Drancy, nous avons cosigné mercredi 10 octobre le texte proposé par Stéphane TROUSSEL, Président socialiste du Conseil général de Seine-Saint-Denis pour demander à l’Etat de « réaffirmer son engagement et son investissement politique et financier dans le projet de Grand Paris Express ».

Le refus du Gouvernement d’inscrire au budget le programme d’investissement du Grand Paris 2013-2015 sonne comme un abandon manifeste – un de plus ! – de l’engagement commun de moderniser les infrastructures de transport en Il de France.

Au-delà du recul budgétaire, je suis inquiet pour l’avenir des « pôles économiques » qui devaient voir le jour dans le cadre du Grand Paris, et qui pourraient offrir de réelles chances de relance économique. La décision incohérente et dangereuse du chef de l’Etat et de son 1er ministre de charger du Grand Paris celle qui l’a ardemment combattu au Conseil régional d’Ile-de-France, en l’occurrence Cécile DUFLOT, porte déjà ses premières conséquences néfastes.

C’est pour moi le signe qu’au-delà des mots, la Seine-Saint-Denis risque d’être une fois encore la grande oubliée parmi les collectivités de notre Région. Mais le combat ne fait que commencer : les soutiens socialistes du Gouvernement dans notre département disent solennellement leur désaccord avec cette décision. C’est un espoir pour l’avenir. Nous nous sommes joints à la démarche de Stéphane TROUSSEL dans l’intérêt de nos habitants et dans l’avenir de nos enfants : nous veillerons à ce que cette déclaration solennelle ne soit pas oubliée, mais suivie d’autres actions.