Editos, Région Ile-de-France

Mon intervention lors du vote du Budget 2017

Séance du Conseil Régional du 23 janvier 2017

Madame la Présidente, Chers collègues,

Une fois n’est pas coutume, je commencerai par remercier les services et l’administration de la Région et tout particulièrement ceux du Pôle Finances qui ont, avec abnégation et diligence, fourni un travail considérable pour nous présenter ce budget.

2016 a été un budget de transition. Notre héritage, c’est un passé miné par la gestion précédente. Nous avons voulu rompre avec les pratiques antérieures, trop souvent dispendieuses. Nous avons pu trouver un financement au Pass Navigo, réaliser 250 M€ d’économies et maitriser notre emprunt. Nous avons su investir et mettre en place les 2/3 du programme pour lequel nous avons été élus. Nous avons su être vrais, responsables et rigoureux.

Mais, nous sommes ici pour parler de l’avenir, celui d’une région pourvue d’immenses richesses, pas assez valorisées. Je vous propose une option : celle de la modernité, de la confiance, de l’efficacité : Modernité des solutions que nous proposons, Confiance dans la vérité de notre budget, Efficacité dans la mise en œuvre de notre programme.

Nos orientations sont claires, notre gestion est maîtrisée, notre budget est en conséquence. Et je suis fier de vous le présenter aujourd’hui. La Région a eu besoin d’un nouvel élan, nous le lui avons donné ! Dans un contexte national extrêmement tendu et contraint, nous avons fait le choix d’amplifier nos dépenses d’investissement. Elles sont la clé pour garantir un avenir à l’Ile-de-France, pour pérenniser l’emploi et l’attractivité de notre Région, pour imaginer un meilleur cadre de vie aux Franciliens.

Notre budget 2017 s’élèvera à 5, 25 Mds € en hausse de 5,5 % par rapport à 2016.

Cela se traduit par l’inscription de 2 Mds€ de AP en hausse de 17,7 % par rapport à 2016. En CPi, nous inscrivons 1,8 Mds € qui nous permettront de poursuivre nos projets et en lancés de nouveaux. Mais je veux aussi que notre Région soit exemplaire, plus économe et plus respectueuse des deniers publics, c’est pourquoi nous continuerons notre politique de réduction des dépenses de fonctionnement. Cela se traduira par l’inscription de 2,19 Mds € d’AE, en baisse de 3,9%.

Nous avons été élus pour mettre en œuvre un budget responsable et courageux. Pour cela, nous avons fait le choix de nous recentrer sur nos compétences légales et obligatoires. Ce budget est donc au cœur de nos promesses de campagne !

C’est un budget transport de 1,5 Mds € en hausse de 23 %, pour un réseau fiable, moderne et sécurisé de tous les types de transport, sur tout le territoire.

C’est un budget Lycée à 505 M€ en AP en hausse de 26 % pour répondre à l’urgence démographique face à la pénurie d’établissements secondaires. Un nouveau PPi sera voté prochainement et 13 chantiers importants seront rapidement lancés.

C’est un Budget résolument tourné vers la croissance et l’emploi : 141 M€  , +35 % en direction des 400 000 entreprises franciliennes. Car ce sont les TPE et PME qui innovent – à condition de le leur permettre -,  qui participent du dynamisme et de l’image de notre Région, qui créent de l’emploi. A ce titre, nous déploierons notre Gamme’UP.

C’est enfin, un budget de 818 M€ (AP et AE) dédié à la Formation professionnelle, à l’apprentissage et à l’emploi des jeunes et des chômeurs longue durée: doublement de l’entrée en formation de 125 000 chômeurs, Accompagnement de 4000 apprentis supplémentaires, Signature de contrats de performance avec 130 CFA. C’est une nouvelle cartographie des bassins d’emploi pour mieux répondre aux exigences économique de nos territoires. Ce sont des formations sanitaires et sociales renforcées avec un budget global de 195 M€.

D’aucuns nous accusent de renoncement, de désengagement et d’irresponsabilité ? Je veux simplement leur rappeler quelques chiffres : C’est + 52% pour la ruralité trop longtemps délaissée.

C’est + 12% pour la culture ! Avec 93 M€ inscrit au BP, nous allons mettre en œuvre une nouvelle politique culturelle plus équilibrée, plus accessible aux jeunes et plus soucieuse de l’industrie cinématographique (cinéma, jeux vidéo, web séries). Nous voterons d’ailleurs en fin de semaine, le nouveau Fonds de soutien au Cinéma.

185 M€ seront mobilisés pour mettre en place une nouvelle stratégie européenne totalement abandonnée.

Rien ne serait prévu pour l’environnement ? Alors je vais vous le dire. L’écologie, c’est un budget 108 M€ en augmentation de 35 % par rapport à 2016.  C’est aussi le succès des 100 quartiers innovants et écologiques. Alors que sur Paris, le constat est terrible : Dégradation de la qualité de l’air, augmentation des bouchons et aggravation de la pollution sonore ; Nous multiplions par 13 les fonds pour la qualité de l’air.

Nous en avons fini avec les vieilles recettes qui ne fonctionnent plus : je vous parle ici de nos nouvelles politiques en faveur des familles, de l’accessibilité, de notre politique du logement pour rendre les quartiers prioritaires plus humains et plus attractifs (2 Mds€).

Je vous parle de notre politique sportive et du doublement de son budget pour encourager la pratique sportive (+54 %), en vu notamment des JO et du Plan Sport Oxygène.

Je vous parle enfin des nouveaux Contrat d’aménagement Ruraux (CAR) qui accompagneront les collectivités dans la réalisation de projets d’aménagement, d’équipement et de développement cohérents et durables. 19 M€ seront ainsi intégrés à de nombreuses politiques sectorielles : culture, sport et loisirs, Action sociale et famille, Patrimoine…

Les chiffres parlent d’eux même. Mais nous ne pourrons le faire sans un besoin de rationalisation. Comment ? Par un effort budgétaire important : par un plan ambitieux d’économie, une optimisation de nos achats, une gestion rigoureuse et soucieuse de l’argent public. Nous avons déjà initié et enclenché des politiques qui auront un impact dans les années qui viennent comme, par exemple, les économies que nous réaliseront dès 2018 avec le déménagement de la Région à St-Ouen.

Car, oui, des choix ambitieux ont dû être faits et le seront encore ! Et à ce titre, je tenais à vous féliciter, chers collègues de la majorité, pour votre sens des responsabilités et votre vision de notre Région.

On nous dit que nos ressources augmentent fortement ? En réalité, nos marges de manœuvre restent limitées. Nos ressources sont, en vérité, contraintes et incertaines.

Je vous rappelle que pèse sur nous la baisse des dotations et la hausse de la péréquation. En 5 ans, les dotations de l’Etat ont diminué de 35 % tandis que notre fiscalité directe augmentait d’à peine 5 %. Nos recettes, hors remboursement anticipé de créance RATP/SNCF, s’établissent à 4, 300  Mds€ en hausse de 225 M€.Mais ceci n’est qu’une augmentation de façade : Sur ces 225 M€  de recettes nouvelles, 158 M€ sont conditionnées à des dépenses spécifiques supplémentaires : Ce sont les 55 M€ du fonds de transition conditionnées à des dépenses pour le développement économique et l’innovation, les 93 M€ du Plan de Formation 500 000 et les 10 M€ de Fonds européens. Nos recettes ne progresseront, donc, en fait que de 67 M€ soit 1,6 % (à peine plus que l’inflation à 1,2%).

Les dotations de l’Etat devaient être compensées par un reliquat sur la taxe sur les bureaux et la part dynamique de la CVAE. Mais ce que l’Etat nous donne d’une main, il le reprend de l’autre nous faisant perdre 9 M€ de droit à compensation de perte de fiscalité locale et 5 M€ au titre de la péréquation CVAE. Nous avons également subi de fortes régulations de TICPE. Enfin, comme je vous le disais lors du débat d’orientation budgétaire, les dernières lois de finances votées en Décembre ne nous ont pas été très favorables et pourrait nous faire perdre 175 M€ de recettes supplémentaires au 1er Janvier 2018. Mais, j’y serais d’autant plus vigilant que je veux être le garant d’une gestion exemplaire et rigoureuse.

Les taux à long terme augmentent. Je ne suis pas certain que nous pourrons récidiver le succès de notre dernière émission verte et responsable : 650 M sur 9 ans à un taux fixe de 0,59%. Nous avons donc l’obligation de diminuer notre déficit. Il y a urgence à freiner notre endettement ! C’est ce que nous avons fait. A fin 2017, notre emprunt devrait être stabilité à 800 M€ comme en 2016. Ceci marque un effort d’autant plus important que nous devrons tenir compte, à la fois, d’une hausse structurelle et tendancielle de + 89 M€ de nos dépenses obligatoires, et, d’une augmentation de 84 M€ des annuités de remboursement des emprunts passés. Nous ne pouvons plus continuer d’endetter les Franciliens comme par le passé.

Le budget que je vous soumets un budget à la fois ambitieux en investissement et responsable en Fonctionnement.

Avec ce budget, nous sommes prêts à investir plus et surtout mieux pour l’emploi et la croissance, pour l’innovation et la formation ; plus et mieux pour les lycées et l’éducation des jeunes, pour la modernisation des transports, nous sommes prêts à répondre à l’enjeu environnemental, à lutter contre les fractures sociales et territoriales. Ce budget est un budget de vérité et de courage. Le courage de l’action ! Le courage de lier nos convictions à nos actions. Notre trajectoire est celle pour laquelle les Franciliens nous ont élus.

Nous voulons une Région innovante, au service de la croissance et de l’emploi. Nous voulons une Région propre qui s’investit pleinement dans la transition environnementale. Nous voulons une Région réconciliée où le vivre ensemble est une priorité.

Nous pouvons faire de la Région la Première Région d’Europe : voilà notre ambition pour l’Ile de France et les franciliens. Pour cela, nous devons freiner notre endettement pour ne pas faire peser sur les épaules de nos enfants le poids trop lourd d’une action publique irresponsable.

Les Franciliens attendent de nous, une politique régionale courageuse, fière et authentique. Ce budget est la traduction des engagements que nous avons pris devant les Franciliens. Il s’inscrit dans cette ambition. Ce budget est la mise en œuvre d’une volonté démocratique.

Il est la garantie d’une action régionale résolue et déterminée. Il est une promesse républicaine.

Il montre qu’il existe une autre voie.

Je vous remercie.

 

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Projet de Budget 2017 pour l’Ile-de-France

J’ai présenté à la presse le 09 janvier avec la présidente de la Région, Valérie Pécresse, le projet de budget pour 2017 du Conseil Région d’Ile-de-France.

Les deux clés du budget 2017 : Hausse des investissements et Maitrise des dépenses de fonctionnement

Pour investir dans une Région qui innove et qui crée, pour rendre notre Région exemplaire, décarbonée propre et verte et enfin pour réduire les fractures qu’elles soient sociales ou territoriales.

 

À la une, Événements

Notre priorité : Investir pour les Franciliens

La commission permanente du Conseil Régional du 21 septembre dernier a affecté 348,12 M€.

 Cette commission a permis d’accélérer la mise en œuvre des chantiers de modernisation et de construction dans le domaine des lycées et des transports, essentiels à l’amélioration de la qualité de vie des franciliens.

Nous avons attribué plus de 152 M€ à  l’enseignement, la culture et la recherche dont 131 M€ pour la rénovation et l’équipement des lycées. 12 établissements vont expérimenter le budget d’autonomie.

Pour les transports en commun, nous avons voté 72 M€  pour continuer la modernisation du réseau et faciliter l’accès des transports aux personnes à mobilité réduite.

63 M€ vont financer d’une part, les politiques de logement avec la construction de logements sociaux et d’autre part, l’emploi avec le versement des primes régionales aux employeurs d’apprentis.

Enfin, et c’est peut-être aussi le plus important, nous avons déjà attribué 376 000 € de crédits pour aider rapidement les communes et intercommunalités touchées par les inondations du printemps dernier. Nous avions voté en juillet un fond d’urgence d’un million d’euros pour venir en aide aux communes sinistrées.

À la une, Événements, Région Ile-de-France

LA REGION ENCORE ET TOUJOURS AU PLUS PRES DES FRANCILIENS

Inondations : Un plan d’urgence exceptionnel de 5 M€

Afin de répondre à la détresse de nombreux franciliennes et franciliens profondément touchés pour les inondations sans précédent qu’a connu l’Ile-de-France du 28 mai au 5 juin dernier, le Conseil Régional a rapidement adopté des mesures d’aides pour les Franciliens et les secteurs économiques concernés.

Un fonds d’urgence sera déployé pour aider entre autre les 466 communes déclarées en état de catastrophe naturelles, les agriculteurs, les commerces de proximité, TPE/PME et  les lycées et îles de loisirs endommagées.

Événements, Région Ile-de-France

Hommage Orlando-Maganville

L’exécutif régional a observé une minute de silence en hommage aux victimes des actes terroristes d’Orlando et de Magnanville.
La Présidente Valérie Pécresse a tenu dans son discours à rendre hommage à la mémoire des deux fonctionnaires de police lâchement assassinés à Magnanville ainsi aux victimes de l’attentat homophobe de Orlando, perpétré le 12 juin,  et ayant coûté la vie à cinquante personnes.

À la une, Région Ile-de-France

Vote du Compte administratif 2015 : La gauche n’assume pas son bilan !

Le compte administratif 2015 nous offre une vision complète, une image incontestable de la gestion et de l’action régionale réalisée sous la précédente mandature, bien au-delà des annonces d’affichages qui ont pu être faites.

Il est le reflet des critiques que nous avons pu formuler à notre arrivée : Un budget d’Investissement artificiel, des dépenses de fonctionnement trop élevées et des fonds européens négligés.

Lors de la séance plénière de juin dernier, la gauche a préféré s’abstenir prétextant quelques arguments fallacieux tels que la véracité de nos audits ou la malhonnêteté supposée de nos critiques, pourtant bien réelles, des dysfonctionnements budgétaires de la Région.

Les nouveaux élus PS et PC de la région ne se sont pas sentis tenu de voter le budget de leurs prédécesseurs, pourtant eux aussi de gauche !

Si ce compte administratif permet d’avoir une photographie de l’action et non pas simplement de l’intention alors celui-ci témoigne de pratiques budgétaires avec lesquelles nous voulons rompre !

Cependant et de manière bien plus préoccupante, les dotations de l’Etat, principales ressources de la Région, fondent comme neige au soleil et en 2016, nous subirons encore de nouvelles baisses comme l’ensemble des collectivités territoriales.

Au vu de l’évolution des recettes régionales, je reste donc convaincu de la nécessité d’une révision urgente de la fiscalité des Régions afin d’assurer leur autonomie par l’attribution de ressources à la fois plus dynamiques et plus en lien avec leurs nouvelles compétences.

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Iftar de la fraternité à la Mosquée de Drancy

iftar mosquée de Drancy - 160608

Le 08 juin dernier, j’assistais au banquet de rupture du jeûne à la Mosquée de Drancy.

Nous étions nombreux en présence de toutes les communautés religieuses afin de promouvoir les valeurs de fraternité, de tolérance et de modération dans une période où ces valeurs sont mises à mal. Ce fut ainsi l’occasion de rassembler les citoyens de tous horizons afin de partager un moment de convivialité et de solidarité, nous permettant d’exprimer notre refus de toute forme de discrimination.

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L’Éducation et les Lycées au cœur des priorités de la Région

La séance plénière du Conseil Régional, qui s’est tenue les 18 et 19 mai dernier, a très largement été consacrée à l’éducation et aux lycées d’Île-de-France.

Lycées vétustes, décrochage scolaire, chômage élevé : les promesses faites à la jeunesse n’ont pas été tenues !Avec une enveloppe de 666 millions d’euros, en hausse de plus de 3,4% par rapport au budget 2015, l’enseignement secondaire est un sujet au cœur de nos priorités. Ces dispositions adoptées  vont nous permettre de relancer l’ascenseur social et réhabiliter le travail, le mérite et l’excellence.

La gestion des lycées n’est pas seulement une compétence obligatoire de la Région,  c’est aussi un enjeu essentiel pour notre jeunesse francilienne et leur famille car c’est là que se joue leur orientation professionnelle, leur avenir. Or, depuis 17 ans, les lycées sont les grands laissés pour compte de la politique régionale. J’ai la conviction que le lycée doit re-devenir un lieu de promotion sociale, de réussite et de confiance où lycéens et professeurs peuvent étudier et enseigner en toute tranquillité et sécurité.

Nous avons donc décidé de :

–  Réviser le PPI pour  accélérer la rénovation et la construction des lycées franciliens. Nous allons créer plus de 3000 places d’internat.

–  Expérimenter un budget d’autonomie dans 10 lycées publics. Faire confiance à la communauté éducative c’est aussi  leur donner plus de souplesse et de réactivité.

–  Lutter contre le décrochage scolaire pour mieux repérer et accompagner les décrocheurs.

– Lutter contre les addictions chez les lycéens en adoptant un plan anti-drogue qui offre aux proviseurs la possibilité d’utiliser des tests salivaires ou éthylotests.

Cependant, il ne peut y avoir une réflexion efficace de ce problème sans approche pluridisciplinaire incluant en premier lieu la Commission de la Santé de la Région. En effet la consommation de cannabis est avant tout un problème de santé publique.

J’ai donc obtenu, avec le groupe UDI de la Région, que la commission Santé puisse étudier puis évaluer tous dispositifs concernant  la lutte contre les additions quelles qu’elles soient. A notre demande, le Conseil Régional a adopté la création d’un groupe de travail sur le cannabis et Valérie Pécresse nous en a confié la présidence.

– Organiser un cycle de conférences des grands témoins contre le terrorisme  dans les lycées franciliens.-    Revaloriser le mérite et l’excellente dans les lycées en créant une bourse au mérite.

– Ouvrir les lycées au monde de l’entreprise et construire davantage des passerelles entre le lycée et le monde entrepreneurial.

– Assurer  une égalité de traitement entre tous les lycéens franciliens, quel que soit le choix des parents, nous avons rétablit les dispositifs régionaux d’aides sociales sont rétablis pour les élèves des lycées privés sous contrat.

Événements

« Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l’esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes. »

cérémonie abolition Esclavage mai 2016

Le 10 mai dernier, j’étais à Drancy pour commémorer la 11ème journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions.

Durant plus de deux siècles, des hommes, des femmes et des enfants  ont été achetés, arrachés à leur terre natale, à leur famille et vendus comme des marchandises. Durant des siècles, des hommes ont asservi, brutalisé, violenté d’autres hommes dans l’impunité la plus totale. L’histoire de l’esclavage n’est pas seulement l’histoire des descendants de l’esclavage, c’est l’histoire de tous les citoyens de notre République.

Commémorer les grandes dates de notre histoire, c’est, bien sûr, invoquer la mémoire et honorer le souvenir des victimes, sacrifiées. C’est aussi et surtout ressourcer nos convictions, pour mieux travailler au présent et préparer l’avenir. Notre XXe siècle n’a guère de leçons à donner. L’inhumanité s’est incarnée dans des crimes sans nom, dans des peuples meurtris. Esclavagisme et totalitarisme naissent du même terreau, celui du mépris, de la haine et de l’ignorance. Aujourd’hui, ce devoir de mémoire revêt un caractère d’une importance toute particulière. Pour autant, il nous faut dépasser les incantations verbales, un peu faciles peut-être, pour prêter une oreille attentive à ceux qui ont été la voix de la conscience humaine.Victor Schœlcher est au premier rang de nos grands témoins, par la dignité et l’authenticité de son combat, plus encore peut-être que par les circonstances historiques qui lui ont permis de faire adopter le décret de 1848. Il relaie ainsi et fait aboutir l’impulsion donnée dès le début de la Révolution par les Brissot, Condorcet, Raynal, Robespierre et Grégoire. Ils ont ouvert la voie à tous ceux qui ont, par la suite, par leurs combats, contribué à dessiner le visage de notre République et à en forger son identité humaniste.

Cependant, aujourd’hui encore, des formes d’esclavage et de travail forcé subsistent dans le monde, contre lesquelles nous devons plus que jamais nous mobiliser. Elles doivent être combattues avec force, courage et détermination.

Nous ne pouvons transiger avec le respect de la dignité humaine. Au XXIe siècle, notre bataille est celle de la tolérance, de l’égalité des chances et des droits de tous les citoyens, sans distinction de couleur, d’origine ou de religion. C’est un combat sans relâche contre toutes les discriminations quelles que soient leurs formes. Tachons ensemble d’être à la hauteur de cette responsabilité !

En célébrant  le souvenir des victimes de l’esclavage, nous rappelons aussi que la France trouve sa grandeur dans sa diversité et sa force dans son unité.

¹ Article 4 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme